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15 juin 2013

Constat et leçons d’un double échec programmé.

L'ERS de CRAON va disparaitre cet été :

 

Rappel des faits

« Qu’est ce qu’un ERS ? Les établissements de réinsertion scolaire (ERS) ont pour vocation d'accueillir pendant un an au moins, au sein d'internats scolaires spécifiques, des élèves très perturbateurs qui ont fait l'objet de multiples exclusions mais qui ne relèvent ni d'une prise en charge thérapeutique ni d'un placement dans le cadre pénal. En 2012-2013, il existe 16 ERS.

 Les ERS accueillent pendant un an au moins un effectif global de 20 élèves au maximum, âgés de 13 à 16 ans, issus des classes de 5e, 4e et 3e. » (source)  Le cout d'une année scolaire est évalué à 15000€ par élève.

Novembre 2010, ouverture de l’ERS à Craon : Dès les premiers jours, de graves violences ont lieu entre les élèves du collège Volney et les  Les pensionnaires de l’ERS. Comme d’habitude, les syndicats dénoncent un manque de moyens et les fauteurs de trouble se posent en victimes, dénonçant le « racisme » des mayennais. Au-delà de cette réthorique ordinaire,   les élèves sont terrorisés, les familles déroutées, la confiance ébranlée : Grève des enseignants, manifestations de parents, cours interrompus... L’administration et les responsables politiques, refusant de perdre la face et à court d’idées, passent un peu de pommade à chacun et jouent l’appaisement tout en maintenant le dispositif. Nous venons d’apprendre que l’ERS disparaîtrait à la rentrée 2013. Les craonnais sont soulagés.

 

Un double échec

Un échec de l’éducation nationale : Côté résultats, les rapporteurs évoquent un bilan mitigé au regard des moyens déployés. Sur 120 élèves scolarisés en ERS en 2010-2011, leur devenir en janvier 2012 fait apparaître des situations contrastées : 38,8 % sont passés en classe supérieure, 25,4 % sont sans solution et ont "décroché", 11 % ont intégré des dispositifs divers (maison familiale et rurale, classe relais ...), 8 % ont redoublé dans leur collège d’accueil, 4,2 % ont été maintenus en ERS et 3,1 % sont en apprentissage.
Pour les inspecteurs, "ce type de résultat s’apparente à ce que l’on peut souvent observer en classe relais mais les coûts par élève sont bien supérieurs". (source)

 

Un échec de la classe politique : Comme au premier jour, les responsables politiques sont toujours désarmés face au problème. Il y a pourtant là matière à remettre en question les routines de l’administration, les réflexes pavloviens des organisations syndicales et le schéma idéologique dominant : La réussite des ERS aura été de prouver que l’explosion des budgets de résout rien. N'en déplaise aux syndicats du système, nous tenons ici une preuve supplémentaire que le ressort de l’éducation, particulièrement auprès de sujets difficiles, n’est pas le budget.

Les enfants ne sont pas des standards, et notre sytème éducatif d’Etat est inadapté. Au delà du simple cas des ERS, la désociabilisation est le fruit très grave de la déconstruction de notre société, c'est le naufrage de la france qui s'étale sous nos yeux : Plus de cadre familial, plus de cadre professionnel, plus de cadre civique. Ce n’est pas la grille d’un emploi du temps aussi soigné et coûteux soit-il qui pourra pallier à tant de déficiences.

 

Et maintenant ?

Est-ce la première fois dans l’histoire que des sociétés sont confrontées à des situations de rupture sociale chez des adolescents ? Non. Quelles solutions ont été éprouvées par le passé ? N’y a-t-il pas dans l’histoire quelques figures de personnes charismatiques qui ont montré la voie ? Daniel Brottier, Jean Bosco, plus près de nous Albert Revet, parmi nous Guy Gilbert… Tous hommes de cœur prêts à payer de leur personne plus que n’importe quel salarié. Et pourquoi, comment, d’où leur vient cette force de dévouement ? Ils sont prêtres, n’en déplaise à monsieur Peillon (actuel ministre de l’éducation nationale qui fait de la lutte contre la religion catholique sa priorité)…

Sortir de l’idéologie pour prendre le réel à bras le corps : L’éducation et à fortiori l’éducation des sujets à problème restera toujours affaire de la rencontre entre un maître et un disciple. L’administration fonctionne avec des plans, des normes et des procédures alors les gamins à problèmes marchent à l’affectif, à l’instinct : voilà pourquoi, techniquement, l’administration sera toujours inapte. Restaurer la famille et les cadres traditionnels, soutenir l’initiative et éduquer à la responsabilité, revaloriser la personne pour l’extraire de la masse. Voilà les pistes de l’avenir.

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