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07 février 2014

Adieu vieille europe ?

Les rapports de force évoluent, le monde se transforme, le destin tourne la page du grand livre d'Histoire. Sans doute, un chapitre est en train d'être clôt. En observateur averti, Franck Ferrand le constate comme chacun de nous aujourdhui :

"Serions-nous en train d'observer notre propre agonie? Assisterions-nous à la mort de la civilisation occidentale, comme Végèce vécut de l'intérieur le déclin de l'Empire Romain? Cela me paraît probable - même si je peine à écrire cela sans trembler.

 L'Europe et ses satellites marquent le pas sur tous les fronts: le centre de gravité de la planète humaine s'est déplacé vers l'Asie, et c'est à Shanghai, désormais, et à Singapour, que va s'écrire l'histoire des siècles qui viennent… Comme aux montagnes russes, quand le wagonnet amorce l'ultime virage avant la descente, la plupart des passagers ferment les yeux ; mais un petit nombre s'efforce de les garder ouverts…

 Depuis plus de trente ans, je lis et reprends toujours la synthèse élaborée, vers le milieu du dernier siècle, par un grand historien britannique: Arnold J. Toynbee. A Study of History se propose de tirer les enseignements de la vie et de la mort des civilisations connues. Selon Toynbee, ces ensembles humains progressent par une succession de réponses à de grands défis ; puis ils déclinent lorsqu'il leur devient impossible de bien réagir aux stimuli du monde. (...)

Pour décrire le processus de nécrose à l'œuvre, tôt ou tard, dans la civilisation «grisée par le succès», Toynbee recourait à la trilogie grecque: koros - hybris - atè, que l'on pourrait traduire par «satiété - démesure - désastre». La satiété, il semble que le vieil Occident l'ait connue grâce au triomphe, voilà un bon demi-siècle, de l'Etat providence et de ses avantages. La démesure, elle règne depuis un quart de siècle, et creuse partout des déficits abyssaux, impuissants à combler les besoins sans cesse accrus de populations couvées. Le désastre, à présent, nous guette - que nos contemporains l'acceptent ou qu'ils le refusent.

 Quelle forme va prendre cette chute annoncée? Crispation ou dilution? Décadence des élites? Déferlements barbares, désordres sociaux, affrontements religieux? Un peu de tout cela, peut-être. Pour commencer…

Ce qui est vraisemblable, c'est qu'il restera peu de chose, au final, après l'écroulement - sinon l'intense nostalgie d'un monde où la technique la plus pointue se sera longtemps accommodée d'un haut niveau philosophique et spirituel. De notre Occident, resteront sans doute les images imbriquées de manufactures, d'usines et de marchés, certes - mais jamais éloignées vraiment des salons, des théâtres et des monastères… Ou le transcendant composé de Wall Street et du Mont Saint-Michel."

Les peuples sont mortels, les institutions le sont davantage encore. La vie elle continue et la seule institution qui survive avec elle est la Famille. La page qui se tourne nous invite à écrire la suite. Haut les coeurs !

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